Marins, capitaines et cap-horniers

Le trois-mâts Belem en mer
Photo : Wikimedia CommonsAu XIXe siècle, Trentemoult vit au rythme de la mer. On embarque comme mousse dès 12 ans, on devient matelot, puis, avec les brevets créés en 1817, maître au cabotage (le long des côtes) ou capitaine au long cours (les océans). Vers 1850, la moitié des maîtres au cabotage du quartier maritime de Nantes habitent ici. En 1911, on compte une quarantaine de capitaines au long cours et de cap-horniers, ceux qui ont franchi le terrible cap Horn à la voile.
Le prix payé est lourd : plus de 210 marins du village sont morts en mer, et de nombreuses rues portent leurs noms.
Julien Chauvelon (1875-1941)
Capitaine du Belem pendant 25 campagnes vers les Antilles. En 1902, faute de place au port de Saint-Pierre (Martinique), il mouille plus loin et échappe ainsi à l’éruption de la montagne Pelée.
Les frères Viaud
Joseph, distingué pour avoir défendu un navire contre un sous-marin en 1917 ; Amédée, mousse sur le Belem puis officier sur un vapeur transportant des bagnards vers la Guyane.
Georges Aubin (1889-1981)
Tour du monde à 14 ans comme mousse, capitaine en 1913, puis conteur d’histoires de mer.
Alphonse Kervégan (1878-1965)
Après 26 ans de navigation, il dirige les Roquios et surveille ses bateaux montre en main depuis sa fenêtre.
Raphaël Lancelot (1832-1890)
Marin devenu armateur, puis maire de Rezé : écoles laïques, bibliothèque, pont de la Morinière.
L’amiral Emmanuel Ollive (1882-1950)
Né rue Bruneau, il commanda l’escadre de Méditerranée.
Jean-Baptiste Codet (1900-1991)
Né et mort dans la même maison du quai Surcouf. Formé à l’école d’hydrographie de Nantes, il est à 20 ans premier lieutenant sur un cargo vers l’Algérie, puis rallie Buenos Aires à la voile sur le Duquesne (83 jours à l’aller, 89 au retour). En 1935, il fait partie des officiers du Normandie quand le paquebot décroche le Ruban bleu, en traversant l’Atlantique en un peu plus de quatre jours. Il finit capitaine d’essais aux chantiers Dubigeon, avec un regret : la voile disparaît trop tôt pour qu’il devienne cap-hornier.
Une part d’ombre
Nantes fut le premier port négrier français ; certains capitaines ont sans doute participé à la traite. L’histoire du village ne peut l’ignorer.
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Sources : Rezé Histoire n°97 (avril 2026), « 3 balades pour comprendre Trentemoult », association Rezé Histoire – rezehistoire.fr. Textes réécrits par trentemoult.com ; pour aller plus loin, procurez-vous la revue.